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Eros et Thanatos: Mon histoire de la Sierra Leone

04/07/2012

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Par Patricia Tobaldo

Kenema - Sierra Leone

Kenema - Sierra Leone

«L’amour et la mort… Eros et Thanatos » les deux côtés d’une même médaille, je pensais quand j’ai faisais le chemin inverse à l’aéroport  de Lunghi. Le parcours était exacte, appartenait à l’époque, coïncidait avec celle première pièce de ma vie en Sierra Leone…je regardait la mer par la fenêtre de l’autobus qui nous amenait vers la station de bac (Ferry Junction) et j’ai pensé que «nulle part sur la Terre il y avait une mer si belle mais il n’y avait pas aucun témoin de mes pensées, seulement les vagues qui arrivaient en doux intermittence caressant le sable blanc et fin.

Au-delà, les rues de Freetown, que, malgré l’horreur la plus inquiétante provoquée par la guerre civile, continuaient d’afficher le rythme dynamique si caractéristique de toutes les villes africaines. Marchands de tissus colorés, des colporteurs de produits alimentaires de douteuse provenance étaient capable de vivre avec de corps carbonisés, décapités et mutilés mis de côté ainsi que des débris et des chiens affamés attirés par l’odeur fétide et douce de la mort.

Je ne suis pas africaine _ Je répétais mentalement, comme pour réaffirmer mon statut d’ étrangère, comme si j’avais peur d’être identifiés avec l’horreur qui m’entourait et qui m’étoufait, comme si je voulais fuir de l’absurdité cruelle de la guerre.

Tout est passé toujours là, sur cette plage dans la péninsule de Freetown, appelé Tokey Beach” ,nom du village qui était là, et sur laquelle se trouvait le « Africana Tokey Village Hôtel, où venaient de touristes étrangers en quête de soleil et de aventure, dans ce qui pour beaucoup était le bout du monde. Au début, j’étais l’un d’eux, j’ai atterri là en tant que touriste, puis j’ai décidé de revenir et redémarrer ma vie sur place.

Ma vie au fil de ces années passaient au rythme des marées, des saisons sèches et des pluies et d’engouement permanent de cette terre en forme de diamant et force du lion. Il fut un temps d’apprentissage et de croissance personnelle, je pense que j’ai vecu la meilleure école de vieque j’aurais pu rêver.

Pendant ce temps le voyage avançait lentement et inexorablement vers le ferry _ qui travesait l’infini lit de lacunes entre l’aéroport et Freetown _  par les rues encombrées d’horreur et de très jeunes soldats portant lunettes de soleil « Ray-Ban » bérets rouges et un «Kalasnhnikov” comme s’il s’agissait d’un porte-drapeau.

J’étais consciente que l’Afrique devenait de plus en plus un souvenir, je ne se sentait plus la démangeaison de sel sur ma peau, le parfum de manioc collé a mon nez et la rugosité de la terre rouge entre mes doigts. Peu à peu j’ai commencé à me sentir comme un reptile lorsque perd sa peau et a besoin de temps pour s’adapter à la nouvelle ; seulement le souvenir de mon enfance dans la campagne de mon pays qui m’attirait à la réalité. J’ai fait semblant d’attraper à la volée la mouette qui ensuite traversait le miroir infini d’eau, annonçant la proximité du port de notre destination, de manière à ne pas manquer les deux larmes qui avaient été empêtré dans mes cils. Puis vinrent à ma mémoire les visages des centaines de personnes merveilleuses et simples que étaient déjà une partie de mon histoire africaine ; qui m’avaient appris à vivre sur cette terre des extrêmes et de contrastes, qui avaient pris soin de moi dans ces longues et douloureuses crise de malaria tout en me serrant la main et en essuyant mon front pour lutter contre les fièvres élevées, qui avaient été les compagnons et les guides dans ces promenades épuisantes et fascinantes dans la jungle, en traversant à gué, en reconnaissant les fruits sauvages qui nous nourrissent, en marchand sur les ponts de lianes, en naviguant par des rivières et des marais : enfin… partenaires de vie,.

Je revenait de chez moi, sur mon point de départ, mon pays, comme un  poisson millénaire à réinventer une nouvelle vie.
Encore une fois, les visages à l’horizon de ma mémoire, mais cette fois étaient différentes, étaient les visages de cette Afrique que saignait, que mourait peu à peu, étaient les visages de la cruauté infligée par le uns aux autres de la même couleur, les visages de l’aspiration à une paix durable dans le temps, le visage de la liberté, le pardon, celui de la violence, le mysticisme, la misère, les visages des enfants soldats, l’ambition, les visages des couleur et l’odeur, des puissants et les faibles. Oui, ils on été ces visages que m’ont transporté, pour un moment, à l’une des nombreuses conversations que j’ai eu avec Mohamed, le chauffeur guinéen qui m’amenait  dans sa Mercedes Benz délabrée une fois par mois dans la capitale, Freetown, pour mes achats mensuels et mes rendez-vous travail, en défiant les contrôles militaires partout au long de nos trois heures de trajet par la route à travers la jungle.

A ce moment, en analysant des conversations avec Mohamed, j’ai réalisé combien j’avais hâte de juger notre monde asymétrique, le sien et le mien, ceux qui d’abord j’ai cherché à concilier.

Mon admiration pour le peuple africain à travers Mohamed, entre autres, a augmenté encore plus parce que j’ai découvert que les guerres morales et physiques qu’ont été battus, elles étaient, à certains égards, un moyen de ne se sentir pas marginalisés. Tous étaient des africains noirs, tous des frères sous un même drapeau, mais s’anéantissaient sans préjudice ; conformément à sa nature.

Il est apparu aussi dans mes souvenirs Mommy Fish, une vieille vendeusse de poisson qui me fournissait pendant le temps que j’ai vécu à Freetown. Nous nous sommes connue alors qu’on marchandait le prix du poisson et elle est rapidement devenue une sorte de mère-amie, c’est pourquoi j’ai l’appelais «Mommy Fish”.

Elle toujours apparaissait lors que j’ai rétrogradais en raison de l’anxiété et la peur. Il fut un temps, avant mon retour, que je n’étais même pas encouragée par l’idée d’un avenir, mon intérêt était juste ce que cela. Puis, quand je exprimais mes craintes, elle préparait une tasse de thé vert et elle me assurait des temps futurs.

Au début, les différences étaient supérieurs aux ressemblances, elle était une vieille femme noire, face à un avenir incertain dans un pays en guerre, et j’étais une femme blanche et jeunes, effrayée et faible. Elle avait consacré sa vie à mener sa famille, comme la plupart des femmes africaines engagées dans un matriarcat, je  néanmoins avais émigré très jeune.

Dans cet espace intemporel de ma vie, j’ai appris à lui révérer, sa présence a été mon livre de vie, elle venait a me nourrir avec sa sagesse.

Dans ce pays où la sauvagerie et la beauté ont une étrange symbiose, j’avais rencontré des amis ; des êtres sages qui connaissaient les réponses à presque toutes les grandes questions. De ces expériences, j’ai découvert un monde sans limites, transparent, que pourrait être franchie sans la pression du temps…


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