Groënland: un détour qui a bouleversé ma vie…

15/12/2009

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J’étais étudiante… j’avais 22 ans… depuis des années, je ne sais pas pourquoi, je rêvais de parcourir deux pays: la Mongolie et le Groënland. Et puis là, par hasard, sous mes yeux, le catalogue d’une association de chantiers de travail volontaire, et la possibilité d’aller passer le mois de juillet à Ammassalik, le plus grand village de la côte est du Groënland, 3000 habitants et 4 voitures.

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Première escale en Islande, à Reykjavik, pour prendre un coucou qui nous amènerait à Kulusuk; premier contact avec les Inuits déjà près à descendre du coucou bien avant que la petite île au milieu des icebergs ne se profile à l’horizon. Je me revois encore dans l’hélicoptère qui nous amenait de Kulusuk à Ammassalik, là, au bout du monde; j’avais la sensation que ma tête n’était pas assez grande pour emmagasiner toutes ces images…

Vue d'ensemble

Vue d'ensemble

kayak parmi les icebergsJe suis restée un mois à Ammassalik. Nous étions huit volontaires, tous européens, et nous avons travaillé dur: nous avons arraché les tuiles du toit de la première église de la côte est (les Danois y ont posé le pied pour la première fois en 1911 seulement) – par la suite cette église a été transformée en musée des traditions inuits; nous avons aménagé une petite maison à trois heures de bateau, au bord du Sermilik, un fjord spectaculaire, car les écoliers d’Ammassalik, qui viennent des villages alentours, ne rentrent chez eux qu’une fois par an et passent donc leurs vacances dans cette petite maison. Nous avons beaucoup marché dans les montagnes alentours, traversé des rivières glacées, nous avons fait du canoë kayak au milieu des icebergs (inoubliable !!)
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Ce qui m’a le plus choqué de ce voyage : la profonde acculturation des Inuits qui, pour la plupart, vivaient des aides du gouvernement danois. Tous les vendredis, il y avait une grande queue à la banque pour percevoir ces allocations, ensuite, une grande queue au petit supermarché local puis finalement, la plupart des habitants du village se retrouvaient sur la petite colline juste en face du supermarché pour boire la bière. Spectacle désolant le vendredi soir : en pleine nuit, les petits enfants en train de jouer dans la rue (il fait jour toute la nuit en juillet) et les adultes – hommes, femmes, jeunes et vieux – vautrés par terre, complètement ivres, parfois endormis au milieu de la rue (pas de danger, vu qu’il n’y a que quatre voitures). Dans la société inuit, l’indice de suicides et de violence domestique est très élevé.

Ce voyage a profondément marqué ma vie : pour tout ce que j’y ai découvert, pour mes émerveillements et mes désillusions, mais aussi parce que c’est là que j’ai fait une rencontre qui m’a amenée, quelques mois plus tard, à quitter mon pays et à venir vivre dans la ville où j’habite encore aujourd’hui. Comme quoi pour aller de Bretagne en Catalogne, il n’est pas inutile de passer par le Groënland…escanear0015

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